Historique
Le mouvement Emmaüs est un ensemble d’associations laïques de Solidarité. Il est présent dans 36 pays environs. La première communauté Emmaüs a été fondée par Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, en 1949. Les groupes Emmaüs ont pour objet la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, par des moyens divers et adaptés au contexte des pays où ils se trouvent. La majorité d’entre eux ont une activité économique, souvent basée sur la récupération et le réemploi d’objets ou de matières premières, mais pas exclusivement. Dans certaines régions, les groupes Emmaüs pratiquent également l’agriculture (en Afrique et en Asie et le micro-crédit (au Liban et au Bangladesh notamment).
Les communautés Emmaüs sont le type de groupe Emmaüs le plus répandu tant en France que dans le reste du monde. Elles pratiquent la récupération, la remise en état et la revente de matériaux reçus en dons. Les personnes accueillies dans les communautés sont appelées « compagnons d’Emmaüs ».
Emmaüs International a été créé en 1971 pour regrouper l’ensemble des groupes Emmaüs du monde, dont on en dénombre aujourd’hui plus de 300. De plus, Emmaüs International est présent sur tout les continents du monde,l’ Europe reste le continent qui possède le plus de structures Emmaüs.
Emmaüs France regroupe les 175 groupes Emmaüs français et a été créé en 1985.
Les origines du mouvement Emmaüs.
En 1949, l’abbé Pierre, député MRP de Meurthe-et-Moselle, achète une maison à Neuilly-Plaisance, non loin de Paris. Cette maison étant « trop grande » selon lui, il crée dans son habitation une auberge de jeunesse internationale qu’il appelle « Emmaüs », en référence à l’épisode biblique d’Emmaüs. Il est accompagné de sa secrétaire, Lucie Coutaz, qu’il a rencontrée dans la résistance, et qui est considérée comme la co-fondatrice du mouvement Emmaüs.
En novembre 1949, l’abbé Pierre rencontre Georges Legay, désespéré suicidaire. L’abbé Pierre tente de lui redonner la volonté de vivre :
« Je ne peux pas t’aider, je n’ai rien à te donner. Mais toi, tu peux m’aider à aider les autres. »
Georges accepte alors de suivre l’abbé Pierre et de se consacrer à cette tâche. Il devient ainsi le premier compagnon d’Emmaüs. Cette rencontre constitue l’acte fondateur du mouvement Emmaüs.
Bien que fondé par un prêtre chrétien/catholique, le mouvement Emmaüs s’est voulu totalement neutre, au plan politique, spirituel et religieux, et est ouvert à toutes les nationalités, les origines ethniques, sans juger les convictions de ceux à qui il porte assistance sans aucunes distinctions.
L’appel de l’abbé Pierre (Hiver 1954).
Durant l’ hiver 1954, le froid atteint des niveaux très importants. La situation est aggravée par la pénurie de logements qui suit la Seconde Guerre mondiale. L’abbé Pierre lance alors un appel sur les ondes de Radio Luxembourg :
« Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée »
Cet appel déclenche « l’insurrection de la Bonté », entendu à la fois par les pouvoirs publics et par l’ensemble de la société française, qui y répond massivement. Les dons en nature et en argent sont collectés dans un premier temps à l’hôtel Rochester.
La création de l’association Emmaüs (1954).
C’est en 1954 que l’association Emmaüs est créée dans le but d’organiser ce mouvement. L’immeuble du 32, rue des Bourdonnais, siège de l’association, est acheté avec l’argent de « l’insurrection de la Bonté ». Par la suite, le mouvement Emmaüs se regroupera au sein d’Emmaüs International (à partir de 1971) et, pour sa branche française, d’Emmaüs France (à partir de 1985). L’association Emmaüs continue à exister en tant que telle, mais s’occupe désormais exclusivement des centres d’hébergement et autres centres d’accueil de Paris et de la proche banlieue. Elle connaît un important regain d’activité pendant les années 1980 avec le développement du phénomène des « nouveaux pauvres ».
Aujourd’hui, l’association Emmaüs gère plus de 20 centres d’accueils à Paris et en banlieue parisienne, et emploie plus de 400 travailleurs sociaux.